CompagnonPP : l’application que j’aurais aimé avoir comme professeur principal, et que j’aurai l’an prochain

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Etre professeur principal, ce n’est pas seulement préparer quelques heures de vie de classe ou remplir les appréciations à la fin du trimestre.

C’est suivre une classe entière, préparer les rendez-vous avec les familles, conserver les informations importantes, retrouver les bulletins, rédiger des comptes rendus, noter les décisions prises lors des réunions et penser aux relances à effectuer quelques semaines plus tard.

Toutes ces informations existent, mais elles sont souvent dispersées :

  • dans Pronote ;
  • dans des courriels ;
  • dans des fichiers PDF ;
  • dans un carnet papier ;
  • dans une application de notes ;
  • dans un dossier sur l’ordinateur ;
  • parfois simplement dans notre mémoire.

Et, dans mon cas, ce dernier espace de stockage n’est pas toujours le plus fiable…

C’est à partir de ce constat qu’est né CompagnonPP.

En quelques mots
CompagnonPP est une application destinée au suivi quotidien d’une classe par le professeur principal. Elle permet de centraliser les élèves, les rendez-vous, les comptes rendus, les tâches, les documents et les bulletins.

Elle fonctionne localement, sans connexion permanente, et peut utiliser un espace Nextcloud pour effectuer une sauvegarde et une synchronisation chiffrées.

Mon premier besoin : créer un cahier numérique en PDF

Mon besoin initial était assez simple : disposer d’un cahier numérique permettant de suivre mes élèves tout au long de l’année.

Je cherchais notamment un outil utilisable sur une tablette avec un stylet. Je voulais pouvoir ouvrir la fiche d’un élève, prendre quelques notes pendant un rendez-vous, puis retrouver facilement ces informations plusieurs semaines plus tard.

Ma première idée a donc été de générer automatiquement un ensemble de documents PDF :

  • une page présentant la classe ;
  • un trombinoscope ;
  • une fiche pour chaque élève ;
  • des pages destinées aux rendez-vous ;
  • des espaces pour prendre des notes ;
  • les bulletins trimestriels ajoutés progressivement.

Le PDF présentait plusieurs avantages : c’est un format stable, facilement transportable, lisible sur pratiquement tous les appareils et annotable au stylet.

Mais cette solution avait aussi ses limites.

Un fichier PDF regroupant toute une classe devient rapidement lourd à manipuler. Les annotations dépendent du lecteur utilisé. Ajouter de nouveaux bulletins sans perdre les notes déjà écrites n’est pas toujours simple. Il faut également organiser les fichiers, gérer les différentes versions et éviter les doublons.

Surtout, un PDF reste un document. Ce n’est pas réellement un outil de suivi.

Du cahier PDF à une véritable application

Peu à peu, le projet a donc évolué.

Plutôt que de générer uniquement un cahier numérique, j’ai commencé à imaginer une application dédiée au travail du professeur principal.

L’objectif n’était pas de remplacer Pronote, l’ENT ou les outils institutionnels. Ces services remplissent déjà des fonctions essentielles.

Le problème était ailleurs : il me manquait un espace de travail personnel permettant de rassembler les informations utiles au suivi quotidien des élèves.

CompagnonPP est ainsi devenu une application permettant de centraliser :

  • les classes et les élèves ;
  • les photographies et trombinoscopes ;
  • les rendez-vous avec les élèves ou les familles ;
  • les comptes rendus ;
  • les équipes éducatives ;
  • les ESS ;
  • les commissions éducatives ;
  • les conseils de discipline ;
  • les tâches à effectuer ;
  • les relances à prévoir ;
  • les documents PDF ;
  • les bulletins trimestriels ;
  • l’historique du suivi d’un élève.

L’idée centrale est simple : lorsqu’on ouvre la fiche d’un élève, on doit pouvoir retrouver rapidement tout ce qui le concerne.

Un exemple concret d’utilisation

Imaginons qu’un rendez-vous soit prévu avec la famille d’un élève.

Avant la rencontre, j’ouvre sa fiche dans CompagnonPP. Je peux consulter ses bulletins, retrouver les précédents échanges et vérifier les tâches encore en attente.

Pendant le rendez-vous, je crée un compte rendu à partir d’une trame adaptée. Je note les personnes présentes, les constats, les décisions prises et les actions à mener.

À la fin de l’entretien, je peux :

  • créer une tâche pour contacter un collègue ;
  • prévoir une relance auprès de la famille ;
  • programmer un nouveau point quelques semaines plus tard ;
  • exporter le compte rendu en PDF après l’avoir relu.

Lorsque je reviendrai sur la fiche de l’élève, l’ensemble de ces éléments restera accessible dans son historique (enfin on centralise !)

C’est cette continuité qui m’intéresse, et que je ne parvenais pas à faire, faute d’organisation (trop de supports différents, feuille, Pronote, cahier…).
Ici, dans le suivi d’un élève, une information isolée a souvent peu de valeur. C’est l’enchaînement des observations, des rencontres et des décisions qui permet de comprendre l’évolution d’une situation.

Importer plutôt que tout ressaisir

Une application destinée aux enseignants doit éviter de leur faire perdre du temps.

Il était donc indispensable de limiter au maximum les saisies répétitives.

CompagnonPP permet notamment d’importer les classes et les élèves afin de constituer rapidement la base de travail. Il est également possible d’associer les photographies des élèves pour créer les trombinoscopes.

Les bulletins peuvent ensuite être ajoutés au fil de l’année. Ils restent associés au bon élève sans écraser les notes ou les comptes rendus déjà présents.

L’objectif n’est pas de reproduire l’intégralité des données de Pronote, mais de récupérer les éléments nécessaires pour démarrer rapidement le suivi.

Le professeur conserve ensuite la maîtrise de ce qu’il ajoute dans l’application.

Des comptes rendus structurés, mais pas rigides

Lors d’un rendez-vous ou d’une réunion, une page blanche n’est pas toujours la meilleure solution.

On risque d’oublier un point important ou de rédiger des comptes rendus très différents selon les situations.

CompagnonPP propose donc des trames adaptées à plusieurs types de rencontres. Elles permettent de structurer les informations essentielles :

  • le motif de la rencontre ;
  • les personnes présentes ;
  • les constats ;
  • les difficultés évoquées ;
  • les décisions prises ;
  • les actions à mener ;
  • les échéances ;
  • les personnes chargées du suivi.

Ces modèles restent des aides. Ils ne doivent pas transformer chaque entretien en formulaire administratif interminable.

Le but est de faciliter la prise de notes et de produire, lorsque cela est nécessaire, un compte rendu clair pouvant être exporté en PDF.

Préparer, suivre et ne pas oublier

Une grande partie du travail de professeur principal repose sur des actions différées.

Lors d’un rendez-vous, on décide par exemple :

  • de contacter un collègue ;
  • de faire un point avec la vie scolaire ;
  • de rappeler une famille ;
  • de demander un document ;
  • de vérifier une évolution dans deux semaines ;
  • de préparer une nouvelle rencontre.

Le problème n’est généralement pas de savoir qu’il faut agir. Le problème est de s’en souvenir au bon moment.

CompagnonPP permet donc d’associer des tâches et des relances aux élèves ou aux situations suivies.

L’application n’est ainsi pas seulement un endroit où l’on archive ce qui s’est passé. Elle permet également de préparer ce qui doit arriver ensuite.

Une application pensée pour fonctionner localement

Les informations manipulées par un professeur principal peuvent être sensibles.

Il ne serait donc pas raisonnable de les envoyer automatiquement vers un service en ligne sans savoir précisément où elles sont stockées et qui peut y accéder.

CompagnonPP a été conçu selon une logique locale d’abord.

Les données sont enregistrées sur l’appareil utilisé. L’application peut fonctionner sans connexion permanente à Internet.

Ce choix présente plusieurs avantages :

  • l’application reste utilisable dans une salle où le réseau est mauvais ;
  • les données ne dépendent pas du fonctionnement d’un serveur extérieur ;
  • le professeur conserve la maîtrise de ses fichiers ;
  • aucune donnée n’est utilisée à des fins commerciales ;
  • l’éditeur de l’application n’a pas accès au contenu des dossiers.

L’accès à l’application peut également être protégé par un code.

Cela ne dispense évidemment pas de sécuriser son appareil. Une tablette laissée déverrouillée dans une salle de classe reste une tablette laissée déverrouillée, quelle que soit la qualité de l’application installée dessus.

Une sauvegarde/synchronisation chiffrée sur son propre nuage

Le stockage local protège les données d’un hébergement imposé, mais il crée une autre difficulté : que se passe-t-il si la tablette tombe en panne, est perdue ou doit être remplacée ?

Pour répondre à ce problème, CompagnonPP peut utiliser un espace Nextcloud.

La synchronisation avec le nuage reste facultative. Elle permet de sauvegarder les données et de les retrouver sur un autre appareil (téléphone, tablette ou pc)

Surtout, les données sont chiffrées avant leur envoi. Le fichier stocké sur le serveur Nextcloud n’est donc pas une copie directement lisible de la base de données.

Les identifiants, les clés de chiffrement et les informations nécessaires à l’accès restent enregistrés localement.

Cette solution permet de concilier plusieurs besoins :

  • conserver une sauvegarde ;
  • synchroniser plusieurs appareils ;
  • utiliser un nuage choisi par l’utilisateur ;
  • éviter de transmettre des données lisibles à un service tiers.

Il faut néanmoins être honnête : configurer un Nextcloud demande davantage de manipulations qu’appuyer sur un bouton « Connexion avec Google ». C’est le prix d’une solution qui laisse davantage de contrôle à l’utilisateur.

Un tutoriel spécifique détaille la configuration de cette synchronisation en fin d’article

Produire des documents sans multiplier les fichiers

Les notes prises dans l’application peuvent être transformées en documents PDF.

Cela permet notamment de :

  • conserver une version figée d’un compte rendu ;
  • transmettre un document après vérification ;
  • imprimer certaines informations ;
  • archiver une réunion ;
  • joindre un compte rendu à un courriel ;
  • conserver un dossier en dehors de l’application.

L’export reste toujours une action volontaire.

CompagnonPP ne transmet pas automatiquement les comptes rendus aux familles, aux collègues ou à l’établissement. Le professeur doit relire le document, choisir ce qu’il souhaite partager et utiliser les canaux adaptés.

Cette étape humaine est indispensable. Une note personnelle prise pendant un entretien n’est pas nécessairement un document destiné à être diffusé en l’état.

Ce que CompagnonPP ne cherche pas à faire

CompagnonPP n’est pas un service officiel de l’Éducation nationale.

Il ne remplace ni Pronote, ni l’ENT, ni les procédures mises en place dans les établissements.

Il ne doit pas non plus devenir un outil permettant d’accumuler sans limite des informations sur les élèves.

Le fait qu’une donnée puisse être enregistrée ne signifie pas qu’elle doive l’être.

Il reste nécessaire de respecter quelques principes simples :

  • ne conserver que les informations utiles au suivi ;
  • éviter les jugements personnels inutiles ;
  • distinguer les faits, les propos rapportés et les interprétations ;
  • supprimer les données qui n’ont plus de raison d’être conservées ;
  • protéger l’appareil et les sauvegardes ;
  • relire les documents avant de les exporter ou de les transmettre.

Une application peut améliorer l’organisation, mais elle ne remplace ni le discernement professionnel ni le respect du cadre réglementaire.

Les principaux avantages de CompagnonPP

Après plusieurs évolutions, voici ce qui me semble constituer l’intérêt principal de l’application.

  • Une vision globale du suivi : Les informations concernant un élève sont regroupées dans une même fiche, avec un historique lisible.
  • Moins de dispersion : Il n’est plus nécessaire de chercher successivement dans un carnet, un dossier, des courriels et plusieurs fichiers PDF.
  • Une meilleure préparation des rendez-vous : Les précédents échanges, les documents et les actions en attente sont accessibles avant de rencontrer un élève ou une famille.
  • Des comptes rendus plus cohérents : Les trames facilitent la prise de notes et évitent d’oublier les décisions ou les échéances importantes.
  • Un fonctionnement hors ligne : L’application reste utilisable sans dépendre en permanence d’une connexion ou d’un serveur distant.
  • Une sauvegarde sous contrôle : La synchronisation peut être effectuée sur un espace Nextcloud choisi par l’utilisateur, avec un chiffrement réalisé avant l’envoi.
  • Des exports en PDF : Les comptes rendus et documents peuvent être archivés, imprimés ou transmis après vérification.
  • Un outil adaptable : CompagnonPP est né d’un besoin réel de terrain. Les fonctionnalités sont ajoutées à partir de situations rencontrées dans le travail quotidien du professeur principal.

Un projet encore en évolution

CompagnonPP n’est pas né d’un cahier des charges théorique ou d’une étude de marché.

L’application s’est construite progressivement à partir de mes propres besoins, de mes essais sur différents appareils et des problèmes rencontrés pendant le suivi d’une classe.

Certaines idées qui semblaient simples se sont révélées peu pratiques. D’autres fonctions, initialement secondaires, sont devenues centrales.

Le projet continuera donc probablement d’évoluer.

Mais je souhaite conserver quelques principes :

  • éviter les fonctions gadgets ;
  • limiter les ressaisies ;
  • rester utilisable hors ligne ;
  • laisser les données sous le contrôle du professeur ;
  • privilégier des formats exportables ;
  • ne pas transformer le suivi des élèves en usine administrative.

Télécharger CompagnonPP

CompagnonPP est actuellement disponible :

  • sur le Microsoft Store, pour les ordinateurs sous Windows ;

CompagnonPP : téléchargement et installation gratuits sous Windows | Microsoft Store

  • sur Google Play, en version bêta pour l’instant en test fermé (c’est le protocole Google) pour Android.

CompagnonPP – Applications sur Google Play 

SI vous souhaitez devenir testeur, vous le pouvez en suivant ce lien : https://play.google.com/apps/testing/fr.mathix.compagnonpp.android14

La version Android est utilisable sur téléphone et sur tablette. Elle prend également en charge l’utilisation d’un stylet.

Les retours sont les bienvenus, notamment si vous rencontrez un problème sur un appareil particulier ou si vous souhaitez proposer une amélioration.

Le tutoriel

Un tutoriel complet présente notamment :

  • l’importation des classes et des élèves ;
  • l’importation des trombinoscopes ;
  • l’ajout des bulletins ;
  • la création d’un rendez-vous et de son compte rendu ;
  • les rendez-vous spécifiques ;
  • la création et le suivi des tâches ;
  • l’importation des notes ;
  • le suivi de l’orientation ;
  • la gestion des PPRE, PAP et autres dispositifs ;
  • la configuration de la sauvegarde et de la synchronisation chiffrées avec Nextcloud.

En conclusion

CompagnonPP est l’application que j’aurais aimé avoir lorsque j’ai commencé à exercer la fonction de professeur principal.

Elle ne rend pas cette mission simple. Aucun outil ne peut supprimer la complexité des situations humaines, des échanges avec les familles ou des décisions collectives.

Elle peut cependant rendre le suivi plus organisé, plus continu et plus fiable.

Son objectif n’est pas de remplacer les outils existants, mais de créer le chaînon qui me manquait entre les données institutionnelles, mes notes personnelles, les rendez-vous et les actions à mener.

CompagnonPP reste avant tout un outil conçu à partir des besoins concrets d’un professeur principal.

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L’IA n’émancipera pas l’enseignant.

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Bonjour à toutes et tous.

Une petite réflexion sur l’IA et l’impact sur notre métier. Cette réflexion, elle m’est venue d’un échange avec Ju’ et aussi d’une réflexion de Philippe Meirieu lors de sa conférence à Lyon en avril dernier.

L’IA est donc présente dans notre métier, d’ailleurs l’état français a muni tous ses agents d’un accès à une IA souveraine qu’est ia-Assistant. Alors vraiment de tous les pays européens, on ne peut que saluer cette action. On ne dépend pas des IA étrangères et le modèle est français (Mistral).

Bref, là où l’Éducation Nationale peut réagir en retard, là force est de constater qu’on n’est pas si mauvais sur ce virage technologique. Peut-être la formation des enseignants….

Seul regret, cette IA n’est pas accessible aux élèves, donc le travail sur les IA sans un outil pour eux est pour l’instant impossible à moins d’utiliser l’API de la DINUM et de faire sa propre interface (chose que j’ai faite avec https://ia.mathix.org, j’espérais seulement un outil plus institutionnel mais passons, l’objet ici c’est l’enseignant pas l’élève).

Alors qu’avons-nous?

Une IA capable de recherche sur internet et d’analyser des documents, dans un futur proche elle sera capable de produire des documents odt ou docx voir pptx, xlsx, pdf.

C’est donc avant tout pour moi un outil « administratif » ou servant d’appui de conception de documents, elle peut être aussi critique.

Personnellement, je l’ai utilisé pour reformater des mails avec l’outil projet, on peut intégrer des prompts utiles, comme un mail à un IPR ou mail (que je n’utilise pas tout le temps mais parfois)

Ensuite , il suffit de cliquer sur le projet et de dire le but du mail et l’IA se charge de proposer un mail, qu’on peut bien entendu amender.

Comme vous le voyez on peut aussi mettre des fichiers, on peut utiliser l’IA comme référent pour les programmes.

Bref, un outil qui peut être utile.

L’émancipation dans tout ça ?

Mais conceptuellement l’IA me pose des problèmes bien plus profond, celui du travail en équipe et en cela de l’émancipation de l’enseignant.

Au début avec Julien, on a investi l’IA à fond, tel un nouveau monde à défricher. On a testé, on a usé, et parfois même abusé de l’IA pour garder une veille sur ses capacités qui évoluent très rapidement. (Vous verriez ce qu’on peut faire avec l’agentification de l’IA….).

On était convaincu d’une seule chose, on peut explorer rapidement et … seul. On pouvait laisser libre cours à notre imagination et tester selon nos idées sans véritable opposition constructive. Alors avec Ju’, on a su préserver cette limite car tel des chiens un peu foufou on s’appelait en disant « Regarde j’ai fait ça », « hannn trop bien » et quand venait l’opposition, et bien tant pis on continuait selon ses idées, parce que » pourquoi pas » car c’est si simple de continuer seul avec l’IA.

Oui, l’IA ne te contredira jamais avec la force des convictions d’un collègue de terrain ou d’un frangin un peu capricieux, en fait travailler avec l’IA, c’est travailler dans un miroir (non Julien et moi on n’est pas miroir, vraimen pas).

Je m’explique, je suis dans un collège où le travail en équipe est hyper développé, j’ai une équipe de maths stable depuis 10ans, et ma collègue la plus ancienne bosse avec moi depuis 18 ans. On a appris à bosser ensemble , ce n’est pas toujours simple, les avis divergent, mais on trouve des consensus. Parfois la direction des projets ne va pas du tout dans celle qu’on pensait et pourtant les projets réussissent ou même ratent. La réussite ou non n’est pas le problème, c’est surtout qu’on teste un projet en confiance sur une direction à laquelle on n’est pas convaincu à 100%. Cela nous force à tester de nouvelles choses, en dehors des sentiers battus et même plus en dehors de notre capacités d’acceptation. C’est un peu cette peur qui nous prend quand on saute à l’élastique, on se force.

En cela, le travail en équipe permet l’émancipation, une vrai liberté qui aille au delà de nos propres freins. On peut se découvrir d’avantage voir même découvrir d’avantage sur ses collègues. Je trouve cela riche et surtout primordial.

Que fait l’IA ? Elle peut très facilement et de manière insidieuse annihiler toute ces pratiques de travail en équipe. L’IA peut individualiser le travail de l’enseignant, car on n’est plus forcé de travailler avec ses collègues. L’IA cherche à faire plaisir à l’utilisateur et le contredira rarement et même le complimentera. En nous offrant un confort solitaire, elle risque de nous éloigner des compétences sociales que nous devons incarner et transmettre : l’écoute, la négociation, ou encore l’acceptation de l’échec collectif.

Voyez j’ai mis le début de l’article à Gemini:

Ca galvanise, mais ça ne bouscule pas.

Alors l’IA peut être un formidable terrain de jeu pour tester des idées, les affiner, ou même les pousser à leurs limites avant de les confronter au regard critique de ses pairs. À condition de ne pas s’y enfermer. Comment apprendre à nos élèves à travailler en équipe si nous même en sommes incapable ?

Préserver le collectif

Je ne dis pas que c’est toujours facile de bosser à plusieurs. J’ai vu des équipes dysfonctionnelles, et notre métier demande une sacrée énergie sociale. Certains diront que le travail en équipe est déjà difficile, et que l’IA permet enfin de respirer. Mais la question n’est pas de choisir entre solitude et collectif, mais de trouver un équilibre : utiliser l’IA pour alléger la charge mentale, sans qu’elle ne devienne un refuge. Se réfugier dans le confort solitaire de l’IA, sous prétexte que c’est plus simple et qu’elle dit toujours oui, me paraît être un piège redoutable pour notre émancipation

Imaginez un enseignant qui, plutôt que de discuter avec ses collègues d’une séquence pédagogique innovante, préfère affiner seul son cours avec l’IA, jusqu’à obtenir un résultat ‘parfait’… mais déconnecté des réalités de sa classe ou de son établissement. Le gain de temps est réel, mais la perte est invisible : celle d’une intelligence collective qui aurait pu enrichir, remettre en question, ou même transformer radicalement le projet initial : la friction cognitive celle qui nous pousse dans nos retranchements !

Bref, je ne rejette pas l’IA, bien au contraire. L’IA souveraine comme ia-Assistant sera une excellente secrétaire personnelle. Elle va nous faire gagner un temps précieux sur la paperasse, le reformatage de mails et la recherche dans les textes officiels,voir de la restructuration d’idées et il faut s’en réjouir, même si à défaut on pourrait perdre un peu en compétence de reformulation. Mais un assistant, aussi performant soit-il, ne fera jamais une équipe.

C’est là que la mise en garde de Philippe Meirieu prend tout son sens. Si on n’y prend pas garde, la technologie va, dans le sens propre, atomiser le corps enseignant, le réduire à une multitude d’individus. Le risque insidieux, c’est qu’en fuyant la difficulté des relations humaines pour le confort d’une machine qui nous dit toujours oui, on finisse par créer une école de profs auto-entrepreneurs. Des profs isolés dans leur classe, devant leur écran avec leur IA, qui produisent des cours techniquement parfaits, lisses, validés par elle, mais complètement déconnectés d’un projet d’établissement global.

Je me rappelle que Philippe Meirieu parlait de l’algorithme d’Amazon qui propose des livres qui devraient nous plaire en fonction de ce qu’on a lu, mais généralement ce sont des livres qui ressemblent à ce qu’on a lu et qui nous enferme dans le moins dérangeant, le plus complaisant, le plus facile à lire mais cela ne m’a jamais permis de changer de genre de lecture.

Le travail en équipe, avec ses frictions, ses débats et ses consensus parfois bancals, c’est le dernier rempart contre cette standardisation silencieuse. C’est ce qui nous garde vivants, ancrés dans la réalité du terrain et de notre collège.

L’IA nous libère du temps. Je crois qu’on peut s’en servir de levier pour renforcer ce qui compte vraiment : les échanges, les projets communs, le collectif qui nous grandit. Car c’est dans le débat, les désaccords et les consensus imparfaits que vit l’école émancipatrice.

J’en veux pour preuve les laboratoires de mathématiques qui se développent dans l’académie ce sont d’autant de petites collectifs qui travaillent ensemble et qui acceptent les confrontations, celles qui font avancer.

Pour conclure, j’emprunterai un dicton du rallye 44 :

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.

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Repart en V4 : des options en plus

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Bonjour à toutes et tous!

Oui, c’est bigrement la galère chez nous, on revoit la répartition et mon programme a pu aider, mais parfois mes collègues voulaient des contraintes personnalisées.

J’ai donc ajouté cela dans le programme.

  • On peux exclure des niveaux pour des enseignants et en rendre obligatoire.
  • On peut aussi choisir le nombre maximum de classe d’un même niveau pour enseignant, mes collègues ne souhaitaient pas avoir plus de 2 classes d’un même niveau par exemple.

Voici un exemple ci-dessous:

  • Q signifie qu’il y a une heure quinzaine dédoublée.
  • Pour la structure du collège, c’est le nombre d’heures par niveau et le nombre de classe de ce niveau et s’il y a une heure dédoublée. (qui ajoute donc 0.5h pour l’enseignant)
  • On saisit ensuite le nombre de classe partagées max (pour alléger les contraintes)
  • Enfin par enseignant, on mets le nombre d’heures postes, le nombre d’HSA max souhaitées, le nombre maximum de niveaux que l’enseignant aura à géré, et le nombre max de classe d’un même niveau.
  • On peut rendre obligatoire le fait d’avoir un niveau et aussi en exclure.

Les programmes sont là :

Windows : https://mathix.org/repart/Repart.exe

Linux : https://mathix.org/repart/Repart

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